Au bout de ce chemin hirsute
tu trouveras le phare
ce pauvre vieux cyclope
a force d'arpenter la ligne infinie de l'horizon
le pied encimenté dans son rocher
il a mal tourné
hagard
agitant sans fin la tête de ci de là
perdu
ce pauvre vieux phare
avec son regard fou
d'illuminé.
"A tous les visiteurs, si vous apportez avec vous votre mets favori, salé ou sucré, si vous savez chanter ou danser sans retenue avec la légèreté du vent printanier et de la rivière en automne,si vous n'affichez pas un air suffisant ou affligé,alors nous partagerons la plus grande joie"
Santoka
Santoka
samedi 21 juillet 2012
mercredi 18 juillet 2012
Le port
les mouettes t'appellent à la fenêtre.
tu quittes des draps frais comme les vagues et tu vas les rejoindre. L'air marin s'engouffre en toi et avec lui le port tout entier, les mâts, les murs, les voiles, le sel et la chaux, les chats maigres et les cormorans, le vent fouette le linge, les feuilles, les cheveux et les ailes, les façades sont blanches et fraiches de soleil. Et une fois encore ton poumon gonflé comme une voile pousse en avant ta vieille carcasse. Tu sens ton cœur tout gorgé de sang.
Tu te déploies.
Tu t'ouvres en grand.
La bouche, les oreilles, les pores, les alvéoles...
Et tu t'élances à corps perdu dans la vaste blancheur de ce port anonyme
où tous les matins sont vierges
où chaque jour est une vague
Vincent Hoarau
tu quittes des draps frais comme les vagues et tu vas les rejoindre. L'air marin s'engouffre en toi et avec lui le port tout entier, les mâts, les murs, les voiles, le sel et la chaux, les chats maigres et les cormorans, le vent fouette le linge, les feuilles, les cheveux et les ailes, les façades sont blanches et fraiches de soleil. Et une fois encore ton poumon gonflé comme une voile pousse en avant ta vieille carcasse. Tu sens ton cœur tout gorgé de sang.
Tu te déploies.
Tu t'ouvres en grand.
La bouche, les oreilles, les pores, les alvéoles...
Et tu t'élances à corps perdu dans la vaste blancheur de ce port anonyme
où tous les matins sont vierges
où chaque jour est une vague
Vincent Hoarau
les lumières du port
Henri Edmond Cross
à l'aube
une voile blanche passe
de l'autre côté de la moustiquaire
Shiki
Edouard Boubat
cri des mouettes à la fenêtre -
ah la blancheur
de ce port inconnu !
Vincent Hoarau
Emma Bormann
Ferdinando Scianna
La mer s'illumine
une fenêtre s'est ouverte
Hôsai
Bernard Plossu
tout maigre
je m'installe à la fenêtre
sirène d'un bateau
Hôsai
Alson Skinner Clark
anse argentée
le balancement des mâts
dans la lumière
Paul de Maricourt
Hiroshi Yoshida
fraicheur !
à travers les aiguilles des pins
un voilier
Shiki
Signac
bateaux amarrés -
le cœur du port
bat lentement
Vincent Hoarau
Charles Barlett
sa chemise
gonflée par le vent du soir
vers où ces voiles blanches ?
Danièle Duteil
Kawase Hasui
Sublime
Dans la baie de Suma
Les vagues pour oreiller
Ryokan
Koitsu Tshichiya
Nuit en mer
La lumière des mâts
Sous la voix lactée
Gwenaelle Laot
nuit courte
encore quelques lumières
au port
Shiki
mercredi 11 juillet 2012
D'une fleur à l'autre
Ce
07 juillet, nous étions quelques haïjins à nous réunir dans un bar
parisien pour célébrer un heureux événement (j'y reviendrai). Nous en
avons profité pour tenir un petit kukaï dans un café proche de la tour
Saint Jacques. Il pleuvait à grosses gouttes, mais à l'intérieur du Café
Livre, nous avons sué à grosses gouttes et nos méninges ont fumé.
Voici quelques uns des haïkus qui ont été écrits :
*
sur le marbre
les gouttes de pluie
fleurissent
Vincent Hoarau
(4 voix)
*
après la tempête
sur le banc humide
une mouche immobile
Laodina Le Gal
(3 voix)
*
... puis, avec 2 voix chacuns :
Brunante *
plus vite que ma peur
la chauve-souris
Jeanne Painchaud
*
pique-nique sous l'arbre -
il se gratte
elle éternue
Gwenaëlle Laot
*
un livre
ouvert
en lotus
Py Daniel
*
de flaque en flaque
de justesse j'enjambe
un escargot
Laodina le Gal
*
Traversant la rue
sous son parapluie d'enfant
Spiderman
Françoise Lonquety
*
un week end sans toi
caresser
les poils de tournesol
Lucia Supova
*
... mais il y eu encore bien d'autres belles réussites, comme :
Clairet de Qinsac -
le ciel
tricolore
Rahmatou Sangotte
*
une feuille
colore le trottoir
- sans rien faire
Daniel Py
*
pluie
l'été sur leurs chemises
roses
Valérie Rivoalon
*
et ces deux là, qui rendent bien l'ambiance :
pluie battante
dans la librairie légers
les mots nous bercent
entouré de livres
il ne sait quel mot choisir
l'air humidifié
lotus
François Fressinier, White Blossom
un livre
ouvert
en lotus
Daniel Py
the first cry
of our newborn baby
a lotus blooms
of our newborn baby
a lotus blooms
Wahyu W. Basjir
Mabel Royds
Monet
nus
dans la fraîcheur d'une rivière -
les lotus blancs
Vincent Hoarau
Donna Schuster
Joseph Rafael
complètement ivre
où m'assoupir ?
les lotus en fleur
Ryokan
Henri Rousseau
Mutsuko Bonardeaux
les lotus ont fleuri
je suis à côté d'un éléphant
aux oreilles usées
Mme Tae Kakimoto
Jia Lu
Le paradis ?
Une femme
Un lotus rouge
Shiki
Kawase Hasui
la pluie d'orage
menace dans le ciel
les fleurs de lotus l'ignorent
Ryunosuke Akutagawa
Les nénuphars flottent
Le nez rouge d'une carpe
Joue parmi les fleurs !
Takashi
Lou Dahua
Walter J. Phillips
douce brise
le paysage glisse à travers
les nénuphars
Hélène Leclerc, Canada
Pekka Halonen
nénuphars -
les chuchotis de l'eau
me reviennent
Mme Sonoko Nakamura
Abbott Fuller Graves
Joseph Rafael
sur la feuille de lotus
la rosée de ce monde
se déforme
Issa
kiosque vert
sous la pluie
les nénuphars
Jacob Mensah, Ghana
Monet
Les nuages de pluie disparaissent :
au-dessus des lotus brille
la lune parfaite
Seishu (poème de mort)
Paul Binnie
Quand je quitterai
ces yeux de chair, j'aimerais voir
les lotus
Tesshu
his last gift -
white lotus blossoms
on the altar
black night so dark
and the light scent
white lotus blossoms
on the altar
black night so dark
and the light scent
Hortensia Anderson
Cunde Wang
je vais mourir
et après quoi
lotus blanc ?
Vincent Hoarau
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