"A tous les visiteurs, si vous apportez avec vous votre mets favori, salé ou sucré, si vous savez chanter ou danser sans retenue avec la légèreté du vent printanier et de la rivière en automne,si vous n'affichez pas un air suffisant ou affligé,alors nous partagerons la plus grande joie"



Santoka




mardi 20 juillet 2010

Hollande






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grand écran -

dans la surface de réparation

les moucherons







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plafond de la péniche :

les lentes ondulations

de la rivière ...







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une poule d'eau

passe à la fenêtre ...

soleil sur le canal







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grand ciel d'été -

les étourneaux plus rapides

que l'avion







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une péniche traîne

le soleil du soir

dans son sillage







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la péniche passée,

l'eau bat le rivage ...

le temps ralentit







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jardin sous l'orage -

le concert des casseroles

en fer blanc







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l'orage gronde -

dans la touffeur du soir

les nénuphars ouverts







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un petit bateau

sur le canal fait la course

avec l'orage







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torses nus,

deux hommes fouettés

orage de grêle







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sous un pont

voitures, vélos, bateaux -

le temps que passe la grêle ...







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après l'orage

prostituées et poules d'eau

sèchent au soleil







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l'orage est passé -

tous les oiseaux du canal

se lissent les plumes







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après l'orage

sur les pétales flétris

des bourdons humides







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touffeur d'été -

la fraîcheur d'un jardin

vert bouteille







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lendemain de défaite

il pleut des tuyaux de pipe

sur les ardoises







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pluie sur les toits -

l'odeur des vieux livres

sous les combles







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Bois aux Contes -

une libellule se pose

sur un nénuphar blanc







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l'enfant effrayé

par la sorcière au rouet

se pelotonne







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sur la voûte du pont

passe un serpent de lumière -

canal sous le soleil







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long après-midi -

le bruit d'une machine à écrire

dans le feuillage







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entre ses doigts

la fraîcheur de la rivière -

barque au fil de l'eau







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la ville de Bosch :

un gros corbeau noir

règne sur le polder







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après le déluge

sur la cime d'un bouleau

deux tourterelles







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il perd son caleçon :

le rire des poules d'eau

derrière lui







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courte nuit d'été -

la fraîcheur

de son sein blanc







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jeudi 1 juillet 2010

Paresse (à la mode chinoise)







je m'installe à l'ombre d'un chataigner
la brise qui agite ses feuilles me sera une berceuse
les blés ont été fauchés et roulés en boules
qui sont comme des moutons paisibles
l'herbe est retrouvée, je m'y allonge
l'autoroute au loin, le vent au-dessus, murmurent
l'air est plein des foins qui sèchent au soleil
j'inspire et je sommeille un peu
parfois, un papillon me soulève une paupière ...

Vincent Hoarau
- 29/06/2010 -













mardi 29 juin 2010

petites bêtes




















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la mouche enfermée

se cogne, se cogne à la vitre


... mon reflet









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averse printannière ...

les papillons doivent être couchés

sous les feuilles









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"retraite à 62 ans" -

les fourmis s'installent

sur mon journal









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éclaircie -

un papillon blanc

se secoue les ailes









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immobile

parmi les hautes herbes

l'ami des mouches









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premiers beaux jours -

deux mouches copulent

au-dessus de ma tête









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toute sa colère

avec la demoiselle bleue

envolée !











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monde de fous -

un papillon me console

gracieusement









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ma longue vie de douleur
pour quelques secondes

du papillon









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un peu plus tard,

le papillon,

un peu plus près









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quelle chaleur !

son carnet de haïku

attire les mouches









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froissement dans l'air

le jeune homme se retourne

sur un papillon









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dimanche 20 juin 2010

ma petite auto (série pour la fête des pères)







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embouteillages -

les voitures à l'arrêt

de la cuisine au salon













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propres et luisantes,

la voiture de papa,

ma pièce de 10 francs













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à deux cents à l'heure

trois flics en poursuite -

carcasse de tracteur














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carcasse de 2CV

maison pour les enfants

et les araignées














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toutes ces épaves

échouées au fond des fermes ...

chant des cigales






carcasse de DS

dans son oeil une mouche

a bougé







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accueillie par les chiens

sur un chemin poussiéreux

la 4L de la Poste










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querelle en voiture -

chacun regarde

un demi-paysage







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coeur du printemps -

le mécano aussi

parle papillons









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moi les haiku

lui les bagnoles


... silence







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toi qui klaxonnes

rejoins moi donc

sous la neige de printemps







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auto étincelante

on lave les chars d'assaut

avec autant de soin







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capot luisant

de sa voiture neuve -

fiente fraîche !







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repos dominical

sa pelouse bien tondue

sa voiture bien propre






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fin de week-end

il ressort du garage

les mains pleines de camboui







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mercredi 16 juin 2010

pluie d'été







Dans le vent du sud la tendre déesse est arrivée
Elle a mouillé le bronze mouillé la fontaine
Mouillé le ventre de l'hirondelle et le poil de l'or
Elle a pris la marée dans ses bras, léché le sable, gobé les poissons...
Elle a secrètement mouillé les temples, les établissements de bain, les salles de théâtre
Harpe à cordes de platine
La langue de la déesse dévergondée secrètement
A mouillé ma langue



Junzaburô Nishiwaki, in "Anthologie de poésie japonaise contemporaine", Ed Gallimard








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courgette, lys, rose...
ni le soleil ni la pluie
ne choisissent

Dana-Maria Onica





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sur la montagne
sur mon nez
la pluie de juin

Vincent Hoarau





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triste pluie d'été
sous les toits de l'entrepôt
vieillit le saké

Shirobame





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sous la pluie d'été
raccourcissent
les pattes du héron

Bashô





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sous la pluie d'été
il est devenu invisible
ce petit sentier

Buson





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june 15
indelible death
in the rain

Yutaka Kitajima





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je ne suis plus un homme
mais pas encore une anguille
pluies de juin

Moppo Tomita





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