"A tous les visiteurs, si vous apportez avec vous votre mets favori, salé ou sucré, si vous savez chanter ou danser sans retenue avec la légèreté du vent printanier et de la rivière en automne,si vous n'affichez pas un air suffisant ou affligé,alors nous partagerons la plus grande joie"



Santoka




mardi 19 juillet 2011

débacle

Aujourd'hui je m'essaie à un exercice poétique : écrire à la façon de Jean-Claude Martin dont je suis en train de lire le recueil Ciels de miel et d'ortie (Ed. Tarabuste)




Ce matin, une pluie froide et continue nous a fait comprendre qu'elle avait la ferme intention de durer tout le jour. Et en effet, toute la matinée, triomphante, elle a secoué les toits de bruits de tôle ininterrompus. Et puis midi a sonné. Comme un coup de clairon doré. Le soleil a sorti sa tête de gamin blond sauvage et déchiré les nuées d'éclats de rire en cascade. Une heure après, c'en était fini de ce colosse bouffi d'orgueil. Ses troupes clairsemées fuyaient aux quatre coins du ciel. Une armée entière mise en déroute par un enfant joufflu. A présent la terre transpire. Tout sèche tranquillement. Une dernière goutte tombe de mon parapluie. Et le soleil saute à pieds joints dans les flaques.



Vincent Hoarau

éclaircies

*















éclaircie -
un chat de gouttière
prend la fuite

Vincent Hoarau















éclaircie -
chante aussi
la Remington

Gilles Brulet















éclaircie -
un papillon blanc
secoue ses ailes

Vincent Hoarau















éclaircie -
deux seins sortis
avec elle

André Cayrel
















éclaircie -
la brise la feuille et le soleil
jouent avec une goutte

Vincent Hoarau











*

lundi 18 juillet 2011

tiédeur d'une nuit d'été


Couchée seule dans une chambre obscure
tiédeur d'une nuit d'été
flotte entre quatre murs

Fenêtre ouverte sur cour immobile
une femme gémit au loin
et son désir me parvient

par vagues

Dans le silence profond des secondes
monte monte
seul mot du monde
viens viens viens

Seule couché murs écartés
tiédeur d'une nuit d'été
couchée sur un océan obscur

Une femme jouit au loin
et le plaisir éclate
comme une grenade bien mûre



Azadée Nichapour, Parfois la beauté

Peinture : Kawase Hasui (Nonomiya Shrine, Kyoto)

loin de moi

*




Bientôt, je serai dans le ventre d'un de ces grands poissons qui traversent le ciel, menant grand bruit et fumée blanche. Je me verrai, pitoyable insecte courant sur la terre, effrayé par l'ombre du jardinier. Je ne me verrai pas. Je serais loin de moi.

Je volerai.



Jean Claude Martin, Ciels de miel et d'orties




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nuages en lambeaux

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nuages en lambeaux -
au bord de l'autoroute
un chaton inerte















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