Santoka
vendredi 1 juillet 2011
feu de la nuit
rosée du matin
Le jet d'eau
Tes beaux yeux sont las, pauvre amante !
Reste longtemps, sans les rouvrir,
Dans cette pose nonchalante
Où t'a surprise le plaisir.
Dans la cour le jet d'eau qui jase
Et ne se tait ni nuit ni jour,
Entretient doucement l'extase
Où ce soir m'a plongé l'amour.
La gerbe épanouie
En mille fleurs,
Où Phoebé réjouie
Met ses couleurs,
Tombe comme une pluie
De larges pleurs.
Ainsi ton âme qu'incendie
L'éclair brûlant des voluptés
S'élance, rapide et hardie,
Vers les vastes cieux enchantés.
Puis, elle s'épanche, mourante,
En un flot de triste langueur,
Qui par une invisible pente
Descend jusqu'au fond de mon coeur.
La gerbe épanouie
En mille fleurs,
Où Phoebé réjouie
Met ses couleurs,
Tombe comme une pluie
De larges pleurs.
Ô toi, que la nuit rend si belle,
Qu'il m'est doux, penché vers tes seins,
D'écouter la plainte éternelle
Qui sanglote dans les bassins !
Lune, eau sonore, nuit bénie,
Arbres qui frissonnez autour,
Votre pure mélancolie
Est le miroir de mon amour.
La gerbe épanouie
En mille fleurs,
Où Phoebé réjouie
Met ses couleurs,
Tombe comme une pluie
De larges pleurs.
jeudi 30 juin 2011
à propos du haïku
Chaud comme une caille
qu'on tient dans le creux de la main
Naissance du haï-kaï ?
Wild to sit on a haypile
writing haïkus
drinkin' wine
sans hutte ni bol
ni robe de moine
j'écris des haïkus
Like hornbeam flowers
let your poems
hang down your body
Attendu que ...
la lettre de l'avocat
n'est pas un poème
nouveau stylo
une cartouche de haïkus
dans le réservoir
Tapoter son stylo
pour en faire sortir
un très vieux haïku
le sol est encore bien dur
le jardinier réduit
à écrire des poèmes
ticket de bus
juste assez de place
pour un haïku
Sur du papier à pharmacie
je jette des poèmes
Nuit glacée
vieillissant
davantage de haïku
davantage de bouillon de navet
