"A tous les visiteurs, si vous apportez avec vous votre mets favori, salé ou sucré, si vous savez chanter ou danser sans retenue avec la légèreté du vent printanier et de la rivière en automne,si vous n'affichez pas un air suffisant ou affligé,alors nous partagerons la plus grande joie"



Santoka




mercredi 4 juillet 2012

une journée d'été


brume matinale …
une envie de cigarette …
est passée












brume épaisse du matin -
une joggeuse cherche
son souffle












la brume légère du matin
s'est effacée
l'air de rien












le soleil soulève
un fin drap de brume -
les fleurs s'éveillent











 
loin du monde
l'étang
au centre du monde












Mur d'orties -
un tour d'étang
pour voir le col vert













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o
O
O
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à lents coups de queue
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vers l'araignée d'eau
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plouf !

 O
O
o
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insectes agités
au dessus de l'étang …
la carpe immobile













Chaleur d'enfer -
une rivière noire et fumante
de goudron













coulée de goudron -
oh revoir un jour
la Piton de la Fournaise !















vendredi 22 juin 2012

lendemain d'orage -
les papillons
délavés











longue journée ...
la pluie, patiente
imprègne les bambous


















à la sueur de mon front
la fine pluie de juin












fraicheur -
le tintement des petits pois
au fond de la casserole











asphalte brûlante -
les chromes des motos
brillent de mille feux !











l'air est lourd
les fruits sont lourds
- lourdes même mes mains











soleil ardent -
la peau craquelée
de la route











l'été
les routes
s'allongent à l'infini  - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -












soleil ardent -
tous les oiseaux du ciel
ont l'air de rapaces











quelle chaleur !
et lui, là haut, sifflotant
dans la fraîcheur des feuilles











soleil d'été
le champ
en fait tout un foin









vincent

mardi 5 juin 2012

Après une longue absence, je reprends le fil de mon blogue.


*

1er juin

petit matin -
un papillon sirote
un reste d'orage

*

5 juin






avec le coin
d'un recueil de poésie
il se cure les dents






blés verts -
les coquelicots
n'ont peur de rien






l'herbe sèche
fermente au bord du sentier -
une odeur d'urine






si petite soit-elle
la mouche noire
fait un peu peur






panique de papillon -
tant de fleurs, tant de fleurs
à visiter !






l'herbe fauchée
protège
l'herbe tendre






un insecte à tête émeraude -
le regardant
je m'enrichis





un brin d'herbe
avec deux antennes




*

lundi 19 mars 2012

Comme si de rien

Comme si de rien

"une fillette de 9 ans s'est défenestrée ..."

une fillette
de 9 ans
défenestrée


la Terre
ainsi heurtée
s'est elle seulement
arrêtée de tourner ?

non
la Terre
a continué
comme si de rien

le choc
de son petit corps
a-t-il retenti
sur toute la surface du globe ?

non
le monde est resté sourd
et muet
et bavard
comme si de rien

les larmes
de ses parents
ont elles englouti
toutes les cités ?

non
la mer a continué
continué de respirer
comme si de rien

ses paupières
en se fermant
ont elles enténébré le monde à jamais ?

non
le jour
comme chaque jour
a osé se relever
comme si de rien


une fillette
de 9 ans
défenestrée ...


et toi que faisais-tu en cette seconde-là ?
comment sa détresse n'a-t-elle pas secoué ton misérable petit corps ?
que faisaient donc tes mains au lieu de sécher ses larmes ?
et quels mots vides et vains prononçais tu alors ?

rien
rien d'utile
rien de bon

et désormais tu hais ce monde
ce monde
ce monde qui jette les fillettes par les fenêtres
ce monde qui jette les fillettes par les fenêtres

... et puis continue
continue de tourner
et de se retourner
comme si de rien


Vincent Hoarau

Voyez vous l'enfant

Voyez vous l'enfant


c'est un jour où l'enfant en robe blanche court dans les blés

à la poursuite d'un papillon

que ses deux mains imitent

je peux voir le sourire bienveillant des oiseaux

je peux entendre le rire étouffé des nuages

le mur de paix que dressent les cigales.


rien en ce jour

rien

n'oserait porter une ombre

ni sur les cigales ni sur les nuages ni sur les oiseaux

ni sur les mains ni sur les piérides

ni sur la robe blanche

ni sur ces yeux.


car voyez-vous l'enfant

l'enfant qui rit dans les blés

cette enfant là

est toute-puissante