"A tous les visiteurs, si vous apportez avec vous votre mets favori, salé ou sucré, si vous savez chanter ou danser sans retenue avec la légèreté du vent printanier et de la rivière en automne,si vous n'affichez pas un air suffisant ou affligé,alors nous partagerons la plus grande joie"



Santoka




lundi 29 août 2011

hors-saison

Hors saison





Le savez-vous, ici
les touristes partis,
on éteint les lumières.
On range,
on remballe,
on passe le balai,
on ramasse les tessons de l'été,
on replie les chaises longues,
on ferme les magasins de souvenirs,
on passe les vitrines au blanc-de-Chine,
on abaisse les rideaux de fer,
on coupe le chauffage,
on branche l'ennui.
on chasse les cirques ambulants
on mitraille les oiseaux
(sauf bien sûr les corbeaux et les mouettes qui savent si bien déchirer les cœurs)
on enferme les enfants
on replie les voiliers, les parasols, les palmiers
on crève les bouées
on remet leurs chaines aux plages
on enroule la mer
et on éteint les étoiles
au plafonnier.

Bientôt il ne reste plus
que le bar des soirs d'hiver
ce bar
où l'on boira des néons bleus liquides
et de la tristesse froide.

On croisera quelque matin
notre spectre égaré
sur la Promenade
(l'Errance, devrait-on dire)
et on longera longuement des plages grises,
de pauvres plages en papier mâché
abandonnées aux algues brunes
échevelées comme de vieilles démentes.
Peu après quand tombera la nuit
les résidences blêmes
nous regarderons passer
de leurs yeux morts
pleurant la rouille
vers le bar

ce bar
où l'on boira des néons bleus liquides
et de la tristesse froide.


Vincent Hoarau

dimanche 28 août 2011

sur la route du retour

*
















déjeuner sur l'herbe
les robes éclatantes
des charolaises
















douce France
les beaux yeux des normandes
et des charolaises
















éclaircie
dans les roues des camions
des gerbes d'arcs-en ciel
















une buse attend
sur un piquet de clôture -
vaste est l'horizon















*


histoires de nuages

*















l'ombre d'un nuage
caresse une colline
pente douce
















blés à perte de vue -
la longue migration
des nimbus blancs
















les nuages passent ...
dans le ciel
un conte de fées
















là-haut aussi
les plus gros avalent
les plus petits
















bleu profond
un grand poulpe lâche
son encre blanche
















bleu profond
une grande baleine blanche
accouche d'un nuage















*



trois journées pluvieuses

*















journée pluvieuse -
grand-père termine
ses mots croisés















jour de pluie -
une odeur de fer
à repasser















jour de pluie -
un petit cheval avance
de six cases















*

de la plage

*















laissé au sol
le cerf-volant paresseux :
cueillette de coquillages
















dans les poches
de deux K-Way roses
les plus beaux coquillages
















immenses
face à l'océan
les yeux de l'enfant
















retour de plage -
un enfant endormi
sous chaque main
















huitres claires
tout en les écaillant
saliver
















parlant d'art
une sculpture de moules
dans son assiette















*