"A tous les visiteurs, si vous apportez avec vous votre mets favori, salé ou sucré, si vous savez chanter ou danser sans retenue avec la légèreté du vent printanier et de la rivière en automne,si vous n'affichez pas un air suffisant ou affligé,alors nous partagerons la plus grande joie"



Santoka




lundi 4 juillet 2011

la lune parfumée

La rage est dans le cerveau
le chagrin dans le coeur
mais la sérénité qui suit
court partout dans les veines
et les feuilles nouvelles.




















soirée parfumée -
elles s'évanouissent
les colères et les peines


















soir d'été -
les roses de ferment un peu
mes poings se desserrent



















les buissons de lavande
parfument la lune -
le calme se fait
















La brise du matin
la fournaise de midi
et l'air lourd du soir ...
oh comme ils me ressemblent
les jours d'été








*

ruisseau

le petit peuple des ruisseaux

Jeune femme amoureuse
Elle retrousse sa robe pour traverser
Le ruisseau à sec

Thierry Cazals

















dans le ruisseau
la bouche au ras de l'eau
j'émets des ondes

André Cayrel

















près du ruisseau
femme et enfants n'ont pas l'idée
de me chercher

Philippe Quinta

















premiers baisers
les petits bruits mouillés
d'un ruisseau

Vincent Hoarau

















nulle trace dans le courant
où j'ai nagé
avec une femme

Y Seishi

















dans l'eau d'un fleuve resplendissant
qui court sur les rochers
je fais mes ablutions

Santoka

















très lentement
la rivière passe ...
la fillette suce son pouce

Vincent Hoarau

















fatigue
au bord de la rivière
laisser filer

Vincent Hoarau

















je suis seul
c'est ainsi.
le bruit du ruisseau

Vincent Hoarau

dimanche 3 juillet 2011

Les Emanglons

Là où vient tout proche le murmure d'un ruisseau et le scintillement de la lumière sur les vaguelettes et les rides de l'eau, attendez-vous à trouver aussi quelques Emanglons.

Les Emanglons se sentent incessamment égratignés par le murmure des petits bonds de l'eau des ruisseaux, égratignés et tout de suite pansés.

Aussi est-ce près des eaux courantes qu'on les voit le plus à leur avantage. Comme des convalescents, encore un peu souffrants, mais en très bonne voie de guérison, ils sont alors ouverts à autrui, et il n'est pas impossible que, si le ruisseau est très sauteur et cascadant, énervant à souhait, quoique simple et maintenu dans son petit cadre, il n'est pas impossible qu'ils s'occupent de vous et vous adressent gentiment la parole.

On sent alors le plaisir émaner d'eux. Mais comme ils ne sont pas habitués à s'exprimer, surtout avec les étrangers, il vient d'eux, avec peu de paroles, un plus abondant gloussement, plein d'excellents sentiments à n'en pas douter.

Henri Michaux, Ailleurs.

immobile






volume à fond :
the everchanging spectrum of a lie.

puis le silence des feuilles

















un parasol grince
sans lui tout ceci
serait une photographie

















rien
une mouche se pose, repart
puis rien

















elle lui tourne autour
le regarde du coin de l’œil
la mouche

















le soleil
chauffe les carrosseries -
pas un bruit

















Au cœur de l'été
dans ce paysage immobile
je perds mon temps.
Puis, à nouveau je le regarde
pour ne rien en perdre.