"A tous les visiteurs, si vous apportez avec vous votre mets favori, salé ou sucré, si vous savez chanter ou danser sans retenue avec la légèreté du vent printanier et de la rivière en automne,si vous n'affichez pas un air suffisant ou affligé,alors nous partagerons la plus grande joie"



Santoka




dimanche 25 juillet 2010

échos 1







Le dernier autobus

et ses quelques passagers

foncent dans la nuit



Pierre Cadieu


nuit profonde

jusqu'aux phares blancs

du premier bus



Vincent Hoarau






Viennent les insectes

puis arrivent les oiseaux

et le chat qui veut sortir

Pierre Cadieu


retour du printemps -

la chatte claquant des dents

retrouve ses mouches

Vincent Hoarau






à pile ou face

tournoyant dans l'air

fleur de cerisier


Mireille Coeuret-Pellicier

toujours couchée

sur le ventre

la feuille d'automne

Vincent Hoarau







Chasse au trésor -

Cachées au fond du sous-bois

plusieurs noisettes

Liette Janelle


Au plus profond

des ronces de mûriers

les plus belles prises

Vincent Hoarau


Je lui dis « haïku »

le vendeur de poulet me répond

« Salam Aleikoum »


isabelle Asunsolo

moi les haïku
lui les bagnoles ...
silence

Vincent Hoarau



La girouette rouillée

grince de mélancolie -

soir d'automne


Martin Gabriel


premiers jours d'automne

le son d'un carrousel

un peu rouillé

Vincent Hoarau







fin de journée

là-haut les mouettes

encore au soleil


Gérard Dumon

premiers rayons
l'ouvrier sur le toit
les reçoit avant moi

Vincent Hoarau







nuit profonde

dans un rai de lune

le papillon fou


Danièle Duteil



après l'orage

d'un rayon a jailli

un papillon noir !

Vincent Hoarau






heure de l'embauche

sur le trottoir un duvet

ronfle encore


Danièle Duteil



Au chaud dans la bibliothèque

un clochard ronfle

rayon poésie

Vincent Hoarau







champs blancs

autour de la mangeoire

les vaches resserrées


Danièle Duteil


soleil ardent -

les charolaises en rond

dans l'ombre d'un chêne

Vincent Hoarau





soleils et pluies






*






courte nuit d'été -

la fraîcheur

de son sein blanc







*






grand soleil -

le parvis de l'église

chauffé à blanc







*






surpris comme moi

dans son errance solitaire

le chat noir







*






fine pluie d'été -

les chaises de la terrasse

prennent le frais







*






sur mes 3675 feuilles

enfin

la pluie !







*






nuit chaude -

un aboiement résonne

dans la cité







*






le tourniquet

jette sur la pelouse

un arc-en-ciel







*






soleil dans le vin blanc -

le chaton et le vent

jouent avec les fleurs







*






vieux sac crevé

toi aussi tu t'agrippes

à ta branche fleurie







*






"toujours être ailleurs"

c'était bien avant

le haïku







*




mardi 20 juillet 2010

Hollande






*






grand écran -

dans la surface de réparation

les moucherons







*






plafond de la péniche :

les lentes ondulations

de la rivière ...







*






une poule d'eau

passe à la fenêtre ...

soleil sur le canal







*






grand ciel d'été -

les étourneaux plus rapides

que l'avion







*






une péniche traîne

le soleil du soir

dans son sillage







*






la péniche passée,

l'eau bat le rivage ...

le temps ralentit







*






jardin sous l'orage -

le concert des casseroles

en fer blanc







*






l'orage gronde -

dans la touffeur du soir

les nénuphars ouverts







*






un petit bateau

sur le canal fait la course

avec l'orage







*






torses nus,

deux hommes fouettés

orage de grêle







*






sous un pont

voitures, vélos, bateaux -

le temps que passe la grêle ...







*






après l'orage

prostituées et poules d'eau

sèchent au soleil







*






l'orage est passé -

tous les oiseaux du canal

se lissent les plumes







*






après l'orage

sur les pétales flétris

des bourdons humides







*






touffeur d'été -

la fraîcheur d'un jardin

vert bouteille







*






lendemain de défaite

il pleut des tuyaux de pipe

sur les ardoises







*






pluie sur les toits -

l'odeur des vieux livres

sous les combles







*






Bois aux Contes -

une libellule se pose

sur un nénuphar blanc







*






l'enfant effrayé

par la sorcière au rouet

se pelotonne







*






sur la voûte du pont

passe un serpent de lumière -

canal sous le soleil







*





long après-midi -

le bruit d'une machine à écrire

dans le feuillage







*






entre ses doigts

la fraîcheur de la rivière -

barque au fil de l'eau







*






la ville de Bosch :

un gros corbeau noir

règne sur le polder







*






après le déluge

sur la cime d'un bouleau

deux tourterelles







*






il perd son caleçon :

le rire des poules d'eau

derrière lui







*






courte nuit d'été -

la fraîcheur

de son sein blanc







*





jeudi 1 juillet 2010

Paresse (à la mode chinoise)







je m'installe à l'ombre d'un chataigner
la brise qui agite ses feuilles me sera une berceuse
les blés ont été fauchés et roulés en boules
qui sont comme des moutons paisibles
l'herbe est retrouvée, je m'y allonge
l'autoroute au loin, le vent au-dessus, murmurent
l'air est plein des foins qui sèchent au soleil
j'inspire et je sommeille un peu
parfois, un papillon me soulève une paupière ...

Vincent Hoarau
- 29/06/2010 -













mardi 29 juin 2010

petites bêtes




















*







la mouche enfermée

se cogne, se cogne à la vitre


... mon reflet









*






averse printannière ...

les papillons doivent être couchés

sous les feuilles









*








"retraite à 62 ans" -

les fourmis s'installent

sur mon journal









*








éclaircie -

un papillon blanc

se secoue les ailes









*








immobile

parmi les hautes herbes

l'ami des mouches









*








premiers beaux jours -

deux mouches copulent

au-dessus de ma tête









*








toute sa colère

avec la demoiselle bleue

envolée !











*









monde de fous -

un papillon me console

gracieusement









*








ma longue vie de douleur
pour quelques secondes

du papillon









*









un peu plus tard,

le papillon,

un peu plus près









*








quelle chaleur !

son carnet de haïku

attire les mouches









*








froissement dans l'air

le jeune homme se retourne

sur un papillon









*