
"A tous les visiteurs, si vous apportez avec vous votre mets favori, salé ou sucré, si vous savez chanter ou danser sans retenue avec la légèreté du vent printanier et de la rivière en automne,si vous n'affichez pas un air suffisant ou affligé,alors nous partagerons la plus grande joie"
Santoka
Santoka
mercredi 23 avril 2008
Souvenirs
soir d'automne -
j'irais bien donner des épluchures
à quelques lapins
***
couloirs du métro
je voudrais entendre
la cloche d'une vache !
***
La peau du lait (1)
me revient
le caquètement des poules
au fond des villages
***
raclement
de la vieille porte
début des vacances
***
deux frêres
sur le chemin de la ferme
un soir de juillet
***
grimaces
des gamins de la ville
cul crotté de la vache
***
de ci
de là
la queue de la vache
***
le bruit du lait
qui gicle dans le seau
je l'entend encore
***
la vieille fermière
avait de grosses mains et un poireau
au menton
***
sur le bidon de lait
en fer blanc
l' éclat doré du soleil
***
une fois encore
dans les salades du voisin
le ballon
***
le chien des voisins
sa langue
frénétique
***
sel dans quatre seaux
l'agonie silencieuse
des escargots
***
Léon ! Léon !
le prénom supplié
par la chatte en chaleur
***
dans l'eau bouillonnante
de la piscine à rondins
l'herbe fraîchement tondue
***
jour après jour
le vélo un peu plus haut
sur la montagne
***
soir d'hiver
deux bambins nus, sautillants
dans une bassine
***
matin d'hiver
l'enfant grimace :
la peau du lait
***
la lune d'été
sur chacune des fleurs
du pommier
***
notre pommier
au fond du jardin
qu'est-il devenu ?
***
les vieux voisins
qui nous ont vu grandir
ne sont plus
***
lundi 21 avril 2008
l'oeuvre de l'homme
"Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalyptique. Et la voix prononce que l'Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences,
car il n'est point vrai que l'oeuvre de l'homme est finie
que nous n'avons rien à faire au monde
que nous parasitons le monde
qu'il suffit que nous nous mettions au pas du monde
mais l'oeuvre de l'homme vient seulement de commencer
et il reste à l'homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur
et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force
et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête et nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu'a fixée notre volonté seule et que toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite."
Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal, Ed. Présence africaine
car il n'est point vrai que l'oeuvre de l'homme est finie
que nous n'avons rien à faire au monde
que nous parasitons le monde
qu'il suffit que nous nous mettions au pas du monde
mais l'oeuvre de l'homme vient seulement de commencer
et il reste à l'homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur
et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force
et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête et nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu'a fixée notre volonté seule et que toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite."
Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal, Ed. Présence africaine
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