nous n'aurons plus de grasses matinées

Regarde ! le soleil déjà
déflore les nids d'oiseaux
et crève de-ci de-là
l'obscurité mouvante du grand chêne.
Levons-nous !
deux menottes entrebâillent une porte de chambre
nous n'aurons plus de grasses matinées ...
mais dehors
les rosées nous tendent leurs gouttes
et l'herbe attend nos pieds.
Courrons!
nos bras sont libres d'enlacer nos feuillages
(la balançoire gémit entre les branches)
l'amour c'est aussi ce coup de pied
dans le ballon de nos enfants
ce baiser sonore qui éblouit l'oreille
et cette main furtive dans des cheveux bouclés.
Jean-Pierre Thuilllat, Verglas du bonheur.
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